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24.11.09

Une « revalorisation » annoncée très inquiétante…

 

Le ministre de l’Éducation Nationale engage des « négociations » sur la «revalorisation des carrières des personnels enseignants » ; cette sollicitude soudaine pour la condition enseignante ne doit abuser personne, d’autant moins que ce sont les suppressions de postes qui fourniraient les moyens financiers de ladite « revalorisation »...

N’oublions pas non plus que la dernière « revalorisation », marquée par la création du corps des PE, s’est traduite par la fin du droit au logement, du droit à la retraite à 55 ans, et de la formation initiale rémunérée sur 2 années.

Une nouvelle fois, le rapport d’un député, M. Le Mèner, sort à point nommé pour inspirer le gouvernement en lançant des pistes qui « méritent d’être, à tout le moins, discutées dans le cadre du chantier de la revalorisation » : une «meilleure prise en compte de la performance des enseignants devant les élèves », « rendre les critères d’évaluation plus consistants en s’appuyant sur des protocoles nationaux d’évaluation des acquis des élèves qui permettent d’appréhender les performances de chaque enseignant », « introduire le chef d’établissement pour mener l’évaluation conjointement avec l’Inspecteur », «apprécier la valeur ajoutée « collective » de l’établissement en évaluant ce qu’il a apporté de plus à ses élèves par rapport à des établissements comparables »… tout un programme !

N’est-ce pas d’ailleurs ce que demande l’un (au moins)  des IEN de notre département dans sa note de préparation à l’inspection, lorsqu’il indique qu’il demandera au directeur de lui présenter un « rapport d’activités » ( !!!) de son école contenant notamment une « analyse de ce qui aide ou ralentit la performance de l’école et des actions du directeur ».

A l’évidence, cette « revalorisation » annoncée (prime ZEP doublée, prime d’équipement pédagogique la première année, prime d’installation, 100 euros de plus en début de carrière...) vise en réalité à casser notre statut national d’enseignants fonctionnaires d’État, avec son déroulement de carrière garanti, sa grille de rémunération identique pour tous… pour lui substituer le salaire individualisé au « mérite », l’arbitraire hiérarchique, la concurrence entre les collègues et les établissements.

La dénationalisation de l’Éducation Nationale par l’éclatement en EPEP, avec le transfert de la gestion des personnels à ces entités, est non seulement incompatible avec un statut national mais ce dernier fait obstacle à la destruction du système national d’enseignement public ; la «revalorisation » voulue par le ministre n’a qu’un but : instaurer une nouvelle gestion des personnels basée sur le management en vigueur dans le privé, à l’image de ce qui s’est fait à France télécom et à la Poste (auparavant administrations d’État) avec les conséquences que chacun connaît en matière de recrutement de personnels sous contrat de droit privé, de déréglementation et de dégradation des conditions de travail, de la santé au travail notamment comme nous commençons d’ailleurs à le constater dans notre secteur...

C’est dans ce cadre que se situe la « réforme » de la mastérisation qui prévoit la suppression de l’année de formation professionnelle rémunérée sous statut de fonctionnaire stagiaire, la fin du cadre national de la formation (les universités sont autonomes), avec une sélection sociale accrue vu le coût croissant des études supérieures. Compte tenu de la réduction des postes offerts aux concours, un vivier de lauréats du master se créera dans lequel les EPEP et autres agences de remplacement pourront puiser, autant que de besoin, des personnels voués à des contrats à durée déterminée (CDD) ou, au mieux, indéterminée (CDI) mais pas fonctionnaires en tout cas ! L’établissement en ce début d’année scolaire, dans toutes les académies, de grilles de salaires (différentes selon les académies !) pour les enseignants en CDI (eh oui, il y en a déjà !) montre que l’objectif du ministère est bien d’en finir avec notre statut national de fonctionnaire.

 

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