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Non, Luc Chatel, l’État ne crée pas de postes de médecins scolairesPar VÉRONIQUE SOULÉ «Nous ouvrons chaque année des postes supplémentaires d’infirmières et de médecins scolaires. Nous avons du mal à recruter.» Luc Chatel, ministre de l'Education nationale et porte-parole du gouvernement, le 12 novembre à l'AFP. INTOX DESINTOX
SUD-OUEST Mont-de-Marsan 15.10.09
Sud-Ouest. Comment jugez-vous le nombre élevé de suicides à France Télécom ? Norbert Trichard. Quand il y a privatisation, les conditions de travail se dégradent entre la direction et les salariés, ce n'est pas un hasard. Cela renvoie directement à la situation de l'entreprise. Dans le premier degré de l'Éducation nationale aussi, l'annualisation de 108 heures pour faire des tableaux, des appréciations, bref des tâches qui s'éloignent de plus en plus de l'enseignement, peut laisser craindre que la situation se détériore peu à peu. Que voulez-vous dire par là ? Que si l'on supprime les statuts, qui sont des règles collectives pour définir des postes où l'on est seulement enseignant, c'est la porte ouverte à une privatisation de l'enseignement. La suppression des postes Rased (pour enfants en difficulté scolaire) et la mastérisation du recrutement (sans formation professionnelle) vont ainsi permettre aux boîtes privées de recruter des enseignants. Ajouté aux 110 000 vacataires recrutés sans formation, aux 50 000 étudiants qui vont pouvoir être utilisés comme remplaçants pendant 5 semaines, en poste à responsabilité, alors qu'ils n'ont pas de formation d'enseignant, aux collègues sans affectation à qui on propose d'autres postes que ceux d'enseignant, cela fait beaucoup. Peu à peu, on retire le monopole d'État à l'enseignement, ce qui est bien le début d'une privatisation. Le processus est en cours. De plus, mes collègues landais vont lancer une pétition contre les jardins d'enfants, car ce projet d'accueil de la petite enfance à côté de l'école ou dans l'école est la remise en cause de la maternelle pour les moins de 3 ans. Encore un problème de statuts, qui de plus va reposer sur les collectivités territoriales. Pour faire des économies, l'État se désengage, et les parents vont payer trois fois. Quelle est votre analyse du résultat de la votation sur La Poste ? Je ne suis pas secrétaire confédéral, mais ce résultat montre, quoi qu'on pense de la forme de cette consultation, l'attachement des Français au service public. Cela rejoint les manifestations interprofessionnelles du début de l'année : le grand public tient à ses fonctionnaires d'État. Nous n'oublions pas la manifestation du 20 novembre dernier, où le ministre Xavier Darcos a dû remiser sa réforme des lycées. Les journées d'action, c'est quand on a un réel contenu qu'elles sont efficaces. Ce qui signifie qu'il n'y a pas d'appel à la grève pour l'instant ? Pour la journée d'action pour un travail décent, le 7 octobre (aujourd'hui), dont le contenu n'est pas très précis, nous n'y sommes pas favorables. Actuellement, c'est le calme plat, nous ne sentons pas les salariés prêts à agir, et ce n'est pas une « journée d'animation » telle que celle-ci qui va résoudre le problème.
Auteur : Recueilli par Jean-Louis Hugon
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