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ENSEIGNEMENT DES LANGUES DANS LE PREMIER DEGRÉ EN MAYENNE  

 

les documents 

la circulaire du 29 octobre 2001 sur l'habilitation

tract SNUDI-FO 53 sur la situation en janvier 2007

La CommunalE-mail n°25 du 22.01.07 - compte-rendu de la réunion de l'IA à Laval

compte-rendu de l'entrevue au ministère le 04.10.07

communiqué intersyndical SNUipp-SNUDI-SE-SUD janvier 2007

La CommunalE-mail n°7 du 07.10.07

lettre à l'IA le 21.01.09

compte-rendu CDEN 06.11.09

 

10.09.09

ENSEIGNEMENT DES LANGUES : Les textes nationaux s'appliquent toujours, en Mayenne aussi !

Nous avons été informés, par plusieurs collègues, des pressions qu'opèrent les IEN lors de leurs tournées d'écoles de rentrée, au sujet de l'enseignement des langues. En substance, ils affirment que l'IA a décidé de ne pas appliquer la réglementation nationale concernant l'habilitation et que chaque enseignant doit donc prendre en charge cet enseignement obligatoire, comme il le fait pour les autres matières.

Tel que, cela a au moins le mérite de reconnaître que l'Inspecteur d'Académie applique SA loi dans son département.

Sauf que la Mayenne n'est pas un fief, qu'elle appartient toujours à la République Française, et donc que  les lois et règlements édictés au niveau national ont aussi valeur pour notre département.

 

Et là, quoi qu'en disent les IEN, et l'IA, les choses sont tout à fait claires :

  1. pour enseigner une langue vivante dans une classe du premier degré, il faut avoir été préalablement habilité par une commission placée sous la responsabilité d'un IPR (circulaire n°2001-222 du 29.10.2001  à lire en suivant le lien ci-après : www.education.gouv.fr/botexte/bo011108/MENE0102337C.htm)
  2. que seuls les collègues sortis de l'IUFM depuis la rentrée 2008 n'ont pas à passer l'habilitation à la condition toutefois qu'ils aient choisi l'option langue (la même que celle enseignée, s'entend) lors du concours d'entrée
  3. et donc que tout collègue ne se soumettant pas à ce dispositif se place en dehors de la réglementation, et donc en faute administrative, même s'il y a été "invité" par son IEN.

Et pour preuve de la mauvaise fois de notre administration, il y a l'absence de toute circulaire (de l'IA ou d'un IEN) demandant explicitement aux enseignants placés sous sa responsabilité d'ignorer la nécessité d'une habilitation.

Si l'IA et les IEN étaient si sûrs de leur fait, ils écriraient. Ce qu'ils refusent depuis 3 ans !

Si l'enseignement d'une langue étrangère est obligatoire à l'école élémentaire, cette obligation revient à l'Etat, pas aux enseignants s'ils n'ont pas compétence reconnue pour l'assumer.

Pour appuyer notre propos, nous citerons un extrait de la réponse, écrite, celle-là, en date du 29 mai dernier, du ministère à l'interpellation, écrite elle aussi, d'un collègue du département sur l'obligation, ou pas, d'être habilité pour assurer l'enseignement des langues à l'école élémentaire :

"[...] L'harmonisation des modalités et des exigences de l'habilitation a pour but de garantir une égalité de traitement et de s'assurer de la qualité de toutes les personnes participant à l'enseignement des langues vivantes à l'école primaire, quel que soit le lieu d'exercice.

La circulaire n°2001-222 du 29-10-2001 publiée au BOEN n°41 du 8 novembre 2001, précise les modalités d'organisation et de passation de l'habilitation des personnels chargés de l'enseignement des langues vivantes à l'école primaire."

C'est sans appel !

Prétendre que l'habilitation n'est "plus" indispensable pour enseigner les langues au primaire, c'est ni plus ni moins, mentir de façon totalement éhontée.

L'Inspecteur d'académie ment donc sciemment à ses IEN qui répercutent ce mensonge auprès des enseignants sous leur responsabilité.

Et qu'on ne nous fasse pas le coup du chantage affectif en essayant de nous culpabiliser quant à la situation des élèves ne bénéficiant pas de cet enseignant "par notre faute".

D'une part, comme en littérature, avec les bons sentiments, on ne peut faire que de la mauvaise pédagogie !

Ensuite, c'est l'Etat qui écrit les programmes, c'est lui qui édicte les règles, c'est donc à lui d'en assumer l'application :

Nous appelons nos collègues non habilités à REFUSER d'assurer l'enseignement des langues et à EXIGER que des moyens humains soient mis à la disposition de l'école pour remplir les obligations de l'ETAT.

rappel : quant aux décloisonnements, ils ne peuvent être basés que sur le volontariat; en clair, un enseignant habilité est obligé d'assurer l'enseignement des langues dans SA classe, mais ne peut être contraint de décloisonner pour faire bénéficier les autres classes de ses compétences.

Tenez le syndicat informé de la situation. N'hésitez pas à nous contacter pour nous exposer les problèmes que vous rencontrez sur votre école.

 

Rapide historique

L’enseignement des langues dans le premier degré remonte à 1990. C’est cette année-là que les premières expérimentations ont été mises en place. Rapidement généralisé sans véritable évaluation ni uniformisation des pratiques pédagogiques, ni même véritable assurance que tous les élèves pouvaient en bénéficier (si bénéfice il y a !...) il est passé par différents stades : découverte et familiarisation orale en CM dans un premier temps, tentative d’extension aux CE avec « bain de langage » via des cassettes VHS dans les années 95 (vite abandonné), nouveau virage avec apport écrit ensuite puis véritable enseignement avec objectifs en terme de « compétences » depuis les programmes de 2002. Depuis 2002, les élèves de CM1 et CM2 doivent suivre 1h30 à 2h/semaine d’enseignement des langues. Depuis 2 ans, extension aux CE2 et théoriquement, puis aux CE1 depuis la rentrée 2006, pour une généralisation à la rentrée 2008. 

Théoriquement car les IA sont incapables d’assurer cet enseignement, faute de moyens humains.

Qui enseigne ?

Dans un premier temps, on a eu recours à des enseignants du second degré, à des intervenants extérieurs vacataires et à des enseignants titulaires du premier degré itinérants dont la compétence avait préalablement été vérifiée.

Dans certains cas, on avait recours à des assistants étrangers.

L’IUFM ignorant la didactique des langues, très peu de nouveaux enseignants du premier degré prenaient en charge jusqu’en 2001 cet enseignement.

En 2001, sort une circulaire qui définit clairement qui peut enseigner et comment l’administration apprécie la compétence de ceux, enseignants de l’Education Nationale ou vacataires, sont chargés de cet enseignement.

C’est la circulaire du 29 octobre 2001 sur l’habilitation.

L’IUFM « habilite » certains jeunes collègues volontaires sur la base de cette circulaire. Mais il faut attendre 2006 pour que l’IUFM « certifie » (sur le papier car dans la réalité il y aurait beaucoup à dire) la possibilité d'enseigner telle ou telle langue sur la base de l'épreuve langue (obligatoire) choisie par le candidat au concours d'entrée.

Tous les enseignants sortant de formation en 2007 peuvent donc réglementairement enseigner les langues sans passer l’habilitation. Demeure cependant le problème de la langue choisie à l’épreuve obligatoire de langue au concours externe : on ne peut exiger d’un jeune collègue ayant choisi l’espagnol d’enseigner l’anglais !

De toutes façons, il est facile de comprendre qu’il faudra encore pas mal d’années pour « mailler » l’ensemble des écoles.

 

Où en sommes-nous cette année ?

Là où il y a des enseignants habilités, les IEN poussent aux « décloisonnements » entre classes pour que ces enseignants prennent en charge cet enseignement dans l’ensemble des classes de l’école, voire de l’école voisine. Notre position syndicale consiste à empêcher les pressions et à revendiquer que tout décloisonnement repose sur le volontariat des enseignants concernés.

Pour résumer, un enseignant habilité, ou sortant de l’IUFM à la rentrée 2007 et ayant pris anglais au concours externe ne peut refuser d’enseigner les langues dans SA classe ; en revanche, il peut refuser d’enseigner dans la classe voisine.

L’administration doit donc « boucher les trous » en faisant intervenir des enseignants extérieurs (profs de collèges-très peu sont volontaires-, instit itinérants, vacataires, assistants). Mais cela coûte cher et partout où elle peut imposer une organisation moins coûteuse, elle le fait.

Enfin, le ministère a réduit de 300 le nombre d’ETP d’intervenants extérieurs en langues (-12 pour notre académie) à la rentrée 2007. Il y a donc encore moins de moyens pour l’enseignement des langues depuis ce moment.

 

La situation en Mayenne

L’IA, courant apparemment après une "bonne note" de ses supérieurs sur ce dossier, a décidé unilatéralement en septembre 2006 qu’il fallait pousser à la prise en charge de l’enseignement des langues par les enseignants eux-mêmes dans leur classe. Il a donc réduit l’horaire des intervenants extérieurs en demandant aux IEN de ne les faire intervenir qu’1 semaine sur 2, la seconde semaine devant être prise en charge par l’enseignant titulaire de la classe NON HABILITE. (1 semaine, le titulaire de la classe assiste au cours de l’intervenant, la seconde semaine il assume SEUL l’enseignement avec sa classe).

Quand on lui (à l’IA) fait remarquer qu’il est en dehors des clous par rapport à la circulaire de 2001 sur l’habilitation, il nous répond qu’une nouvelle circulaire (31 mai 2006) sur l’enseignement des langues a modifié la situation. Selon l’IA, cette circulaire ne parle pas de l’habilitation (ce n’est absolument le sujet de la circulaire), donc, il n’y a plus d’habilitation !

Et voilà le tour de passe-passe réalisé.

Une intersyndicale fin septembre 2006 a abouti à la convocation d’un CTPD le 16 octobre suivant, CTPD pendant lequel l’IA a maintenu ses positions tout en reconnaissant que la circulaire sur l’habilitation n’était pas abrogée. Nous avons maintenu notre position et notre exigence commune : pas d’habilitation, pas d’enseignement.

Loin de baisser pavillon, l’IA a durci sa position en intimant l’ordre aux IEN qui n’appliquaient pas ses consignes (2 ou 3 IEN « s’arrangeaient » avec les écoles et maintenaient l’organisation précédente, c’est à dire un intervenant chaque semaine) de les mettre en pratique.

Il a provoqué des réunions avec les enseignants itinérants (5 sur le département en 2007, 3 aujourd'hui) leur intimant l’ordre de se muer en formateurs auprès des enseignants des classes dans lesquelles ils intervenaient.

En janvier 2007, ces enseignants (ceux dans la classe desquels intervient un enseignant itinérant) ont été CONVOQUES 2x3 heures EN DEHORS DE LEUR TEMPS DE TRAVAIL pour suivre une pseudo « formation » afin de les « aider » à prendre en charge l’enseignement des langues. La plupart a refusé. Et bien entendu, nous les avons soutenus et les avons appelés à maintenir leur refus.

Le 20 janvier 2007, l’IA a organisé « une grand’ messe » dans l’amphi du lycée agricole de Laval. Tous les IEN (sauf 1) et conseillers pédagogiques étaient là. Etaient convoqués tous les enseignants censés enseigner l’anglais dans leur classe (soit 220 enseignants). Une dizaine de militants du SNUDI-FO 53 se sont rendus à l’entrée de cette réunion pour diffuser un « 4 pages ». Nous avons compté moins de 80 présents. 

 

A la rentrée 2007

Loin de s’arrêter, l’IA a encore accéléré :

q       Les collègues qui ont eu un intervenant 1 semaine sur 2 l’année passée et qui sont donc sensés avoir enseigné l’anglais l’autre semaine, sont considérés comme formés ! Ils n’ont donc depuis septembre 2007  plus d’intervenant et sont tenus d’enseigner eux-mêmes l’anglais.

q       Les 4 intervenants (1 poste a été fermé au printemps 2007) continuent leur intervention 1 semaine sur 2 dans une autre série d’écoles, avec donc l’objectif de « former » des enseignants qui se retrouveront tout seuls l’an prochain.

q       Les sortants d’IUFM sont tenus de prendre en charge l’enseignement de l’anglais dans les classes où ils enseignent (la plupart complètent des services et sont donc sur plusieurs écoles) Y COMPRIS si c’est l’espagnol qu’ils ont choisi au concours d’entrée !!!

 

L’IA et l’IEN chargé du dossier disent et répètent qu’il n’y a plus d’habilitation, que la circulaire du 31.05.06 a remplacé la circulaire sur l’habilitation de 2001.

Les IEN relaient bien entendu ce message, au cours d'inspections, de réunions pédagogiques.

Ils poussent les collègues parlant une autre langue (allemand ou espagnol par exemple) à « réinvestir leurs connaissances » dans l’enseignement de l’anglais !!!

Et malgré ce qu’on peut dire, écrire et répéter, beaucoup de collègues pensent que l’IA connaît les textes mieux que nous et a forcément raison, même s’ils le déplorent.

Pour « faire du chiffre », l’IA pousse à l’extension de l’enseignement aux CE1 à raison…d’1/2h par quinzaine. Cela n’a aucun sens, même de son point de vue, mais il n’en a cure. Il veut apparemment  attacher son nom à la mise en place de cet enseignent, quelles qu’en soient les conditions et les conséquences.

 

En septembre 2008, le 4ème poste d’animateur langues a été fermé, et les projets pour la rentrée 2009, sont d’en fermer 2 autres (il n’en resterait plus qu’un), voire les 3 !

Pourtant, l’IA se permet d’afficher un taux de 100% de classes « couvertes » par l’enseignement y compris en CE1, peu importe dans quelles conditions et combien de temps par semaine…

Car la réalité, c'est que de nombreux collègues sont contraints par leur IEN d'enseigner une langue qu'ils ne maîtrisent pas, ou qu'ils parlent avec beaucoup d'approximation. "L'accent ? est allé jusqu'à déclaré un IEN, cela n'a aucune importance." De plus, très peu d'élèves bénéficient de l'horaire obligatoire (54 h/année soit 1h30/semaine en moyenne). L'administration ficelle tout cela en prétendant que parler du monde anglo-saxon en Histoire ou en Géographie, c'est pratiquer la langue. Ben voyons !

Il faut dire que beaucoup de collègues ont cédé devant les pressions des IEN, relayés par les animateurs langues à qui on demande de scier la branche sur laquelle ils sont assis.

Mais aujourd'hui, des parents s'en mêlent. Intrigués par le fait que leurs enfants ont peu ou n'ont pas d'enseignement des langues alors que tout un battage médiatique a été orchestré pour prétendre que tout "baignait" dans notre département, certains ont interpellé les enseignants et les IEN pour savoir ce qu'il en était vraiment.

Les IEN retombent donc sur les enseignants concernés pour les menacer de petits problèmes s'ils ne courbent pas l'échine.

Les collègues qui appliquent les textes réglementaires sont donc menacés de sanctions par leur IEN !

Pour notre part, nous restons sur notre position :

pas d'enseignement sans habilitation préalable.

Nous avons écrit une nouvelle lettre à l'IA et avons adressé une copie à la Préfète.

Monsieur Benaych est dans l'illégalité et pousse ses IEN et les enseignants à s'y placer eux aussi.

Mais, attention, le garçon est prudent : il refuse d'écrire quoi que ce soit. Aucune circulaire départementale n'existe. Aucun écrit des IEN. Tout se passe insidieusement oralement. 

Pourtant, s'il est si sûr de son fait, pourquoi Pierre Benaych ne donne-t-il pas ses indications par voie écrite ?

 

les documents 

la circulaire du 29 octobre 2001 sur l'habilitation

tract SNUDI-FO 53 sur la situation en janvier 2007

La CommunalE-mail n°25 du 22.01.07 - compte-rendu de la réunion de l'IA à Laval

compte-rendu de l'entrevue au ministère le 04.10.07

communiqué intersyndical SNUipp-SNUDI-SE-SUD janvier 2007

La CommunalE-mail n°7 du 07.10.07

lettre à l'IA le 21.01.09

 

 

 

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