|
Liberté Egalité Laïcité |
|
|
Intervention
de Pascal GRANDET à l'Assemblée Générale départementale des Délégués
Départementaux de l'Education Nationale, le 24 mai 2008, à Coudray, en
présence d'Alain Rossignol, maire de Coudray, Serge Simon, IEN de la
circonscription de Laval II Mesdames,
Messieurs, chers amis, Je
remercie sincèrement les délégués départementaux de l’Éducation Nationale
de notre département, et en particulier, leur Président Albert BADIER, de
m’avoir invité à cette sympathique réunion, et donc, d’accueillir et écouter
pour quelques instants à travers moi le syndicat national des instituteurs
FORCE OUVRIÈRE (je dis instituteur car je n’ai jamais pu me faire à ce titre
pompeux de « professeur des écoles ». Je préfère instituteur -étymologiquement,
celui qui met debout- à ce terme académique et impropre de professeur). J’en
suis heureux à plusieurs titres. Tout
d’abord parce je reconnais parmi les DDEN du département, ici et parmi ceux
qui n’ont pu participer à cette réunion, un certain nombre de collègues, de
camarades que j’ai connus dans une vie antérieure et dont j’ai gardé le
meilleur souvenir, au delà des divergences que nous avons pu avoir à certains
moments de notre parcours commun. Nous sommes issus des mêmes rangs,
descendants directs de ceux qu’on appelait jadis les hussards noirs de la République,
et qui ont contribué à imposer une école publique, gratuite et laïque dans
la terre de mission que fut la Mayenne.. Je
suis également heureux d’être là parce que je fais partie d’une génération
qui sait combien l’apport des DDEN a été important pour défendre l’école
publique et contribuer à en améliorer les conditions de travail et
d’accueil. Quand
je me rappelle les écoles communales du début de ma carrière, il y a 30 ans,
notamment en milieu rural, je me
souviens combien, jeunes instituteurs, nous attendions le passage du délégué
cantonal -même si le terme avait disparu depuis 1969, on continuait à
l’appeler ainsi- pour lui faire constater l’état, souvent mauvais il faut
bien le dire, et pour ne pas dire plus, des locaux, et parfois aussi des
relations avec les élus. Combien nous comptions sur son appui pour faire
accepter le remplacement du poêle à bois qui trônait encore au milieu de la
classe, ou obtenir un local fermé pour les sanitaires. Car
les délégués cantonaux furent, après que les lois laïques des années 1880
les eurent émancipés, en même temps que les instituteurs, de la tutelle du château
et du curé, non seulement les
meilleurs alliés des enseignants publics pour « le bien-être physique
et moral de l’enfant » comme le disait Gaston Doumergue au début du
siècle, mais également les gardiens sourcilleux d’une laïcité encore
balbutiante qui peinait à s’imposer, surtout dans les campagnes. Ce n’est
pas un hasard si une des premières décisions de Vichy fut, dès 1940, après
avoir supprimé les écoles normales d’instituteurs, de supprimer purement et
simplement les délégués cantonaux. Mais
vous me direz sans doute que je parle avec nostalgie d’une époque et donc
d’un rôle désormais révolus. Que les temps ont changé. Les locaux
scolaires sont, le plus souvent aujourd’hui, bien entretenus. Que la laïcité
est inscrite dans la constitution comme dans les esprits. Et donc qu’il n’y
a plus besoin de DDEN, ou que leur rôle va s’étioler jusqu’à tomber en désuétude ?…La
suite de mon propos vous démontrera, je l’espère, que non seulement je suis
loin de le penser, mais que j’affirme au contraire que la situation dans
laquelle nous nous trouvons aujourd’hui, les attaques auxquelles nous avons à
faire face, doivent redonner aux DDEN la place essentielle qu’on cherche
aujourd’hui à leur discuter dans la défense de notre école publique et de
la laïcité. Et
je dois dire tout d’abord que j’ai une divergence avec M.Simon, IEN, dans
les propos qu’il a tenus tout à l’heure. Les délégués cantonaux, devenus
DDEN, sont loin, de mon point de vue, d’être des « courroies de
transmission » de desiderata, voire de lubies de nos gouvernants, mais
constituent, au contraire, et en toute indépendance, l’un des piliers
essentiels de la défense de notre école publique. Il
est des personnes qui dégagent naturellement, sans aucun artifice un charme,
une autorité qu’il ne viendrait à l’idée de personne de discuter. Il en
est de certains mots comme de certaines personnes. Il y a des mots qui se
suffisent à eux-mêmes, des mots qui n’ont besoin d’aucun qualificatif pour
qu’il émane naturellement d’eux une puissance et surtout une signification
indiscutable. Des mots pour lesquels l’accolement d’un adjectif ne peut au
contraire qu’en ternir la portée. Un peu comme un tableau de maître dont le
cadre trop voyant dénaturerait la beauté intrinsèque. Le mot laïcité
est de ceux-là. « Ouverte »,
parce que la laïcité serait naturellement « fermée » ?
« Plurielle » parce qu’elle serait monolithique ?
« Positive », parce qu’il y en aurait une « négative » ? En
cherchant à présenter la laïcité comme « une » idée parmi
d’autres, dont il conviendrait d’atténuer l’aspect parfois trop agressif,
on distille un poison qui va tuer l’idée même de laïcité. Car oui, je
l’affirme : la laïcité n’est pas une opinion, c’est la liberté
d’en avoir une. « Dans
la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le
bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le pasteur ou le curé,
parce qu’il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le
charisme d’un engagement porté par l’espérance » Cette
phrase seule, parce qu’elle est prononcée par un Président de la République
en fonction, suffit à faire comprendre ce que pour lui signifie la « laïcité
positive » : tout simplement le contraire de la laïcité ! Et
donc à nous faire sentir combien cette laïcité est aujourd’hui menacée. Mon
père était enseignant. Il a commencé instituteur et terminé sa carrière
principal de collège. Il avait la laïcité chevillée au corps. En 1960, il a
couru les escaliers d’immeubles pour faire signer la pétition qui a abouti au
serment de Vincennes, pétition signée par plus de 11 millions de personnes,
plus de la moitié du corps électoral de l’époque ! Et que disait ce
serment ? « De lutter sans
trêve et sans défaillance jusqu’à [l’] abrogation [de la loi
Debré de financement des écoles privées]. » Près
de 50 ans après, où en sommes-nous ? Nous seulement les lois Debré
existent toujours, mais l’enseignement privé est considéré comme « concourant
au service public d’éducation », les accords Lang-Cloupet
contraignent les municipalités à traiter à égalité public et privé. Mais
ça ne suffit encore pas, il faut toujours plus. Et
on glisse ainsi dans une loi apparemment fort éloignée de l’enseignement
privé, la loi sur la décentralisation du 13 août 2004 un article 89 qui va
obliger les communes à verser des subsides aux écoles privées voisines fréquentées
par des enfants de leurs administrés, et ce, même s’il existe une école
publique sur leur commune ! Je
ne m’étendrai pas plus longtemps sur ce sujet car je sais combien, avec
d’autres, les DDEN ont combattu, et combattent cette disposition et en
demandent l’abrogation. Il faut que vous sachiez toutefois que la confédération
Force Ouvrière rappelle à chacun de ses congrès son attachement et l’école
publique et à la laïcité de l’Etat en exigeant dans la résolution la
revendication suivante : « tous les fonds publics à l’école
publique ». Vous nous trouverez toujours à vos côtés pour défendre
ce principe, selon nous, indéfectible. Mais
je voudrais attirer votre attention sur l’article 86 de cette même loi. Cet
article donne la possibilité aux communes de mettre en place, certes à titre
expérimental dans un premier temps, des Etablissement Public d’Enseignement
Primaire (EPEP) qui réuniraient les écoles d’un secteur géographique, donc
de plusieurs communes dans la plupart des cas, pour se constituer en établissement-entité
administrative à statut juridique propre à l’image des établissements du
second degré. A leur tête, serait placé un directeur d’EPEP, courroie de
transmission entre l’IEN et les directeurs des écoles chargé d’appliquer
les décisions d’un conseil pédagogique d’une part et surtout d’un
conseil d’administration composé majoritairement d’élus et dans lequel les
enseignants ne seraient plus tous représentés comme aujourd’hui dans les
conseils d’école. Quant
aux DDEN, je dois bien vous l’avouer, je ne vois nulle trace de leur présence
dans ce bel agencement. Pour
l’instant, cet article n’a pas été suivi d’effet car la circulaire
d’application n’est toujours pas parue, malgré 2 projets successifs qui
nous sont parvenus. Mais le ministre Darcos vient de nous informer (la semaine
dernière) de son intérêt pour cette expérimentation et de son intention de
sortir le décret d’application sinon dans les semaines qui viennent, tout au
moins assez rapidement pour une application à compter de la rentrée 2009. Vous
imaginez l’émoi que suscite parmi nos collègues un tel projet. D’abord
parce qu’il signe l‘arrêt de mort de l’école communale. Il est vrai
qu’il est de bon ton aujourd’hui de moquer les échelons, dépassés selon
certains, que sont le département et la commune, les 2 échelons administratifs
mis en place à la Révolution pour installer la République. Nous
ne participerons pas pour notre part à ce concert. Ensuite
parce que ce projet les place sous la tutelle d’élus locaux, pédagogiquement,
budgétairement. Et
puis parce qu’il substitue au conseil des maîtres, auquel nos collègues sont
très attachés justement parce qu’il garantit à chacun la liberté pédagogique
sans laquelle on ne peut enseigner en toute indépendance, un conseil pédagogique
dont on imagine les pulsions formatives. Et
enfin parce qu’il porte en germe la destruction du statut de fonctionnaire
d’Etat indépendant des enseignants. Et
oui. Regardons autour de nous : pratiquement partout en Europe, les écoles
sont gérées localement, par un conseil de notables qui, la plupart du temps,
embauche, et débauche les enseignants… La France est une exception. Tout
comme sur la laïcité. Mais
tout cela est intimement lié et s’explique facilement : il est plus
facile de lutter contre les pressions locales avec une Education nationale, des
programmes nationaux et un statut de fonctionnaire d’Etat que lorsqu’on est
salarié sous contrat à durée déterminée. Jules
Ferry a libéré les enseignants du joug des notables et des curés en 1882.
S’apprêterait-on à faire machine arrière ou tout au moins, sous prétexte
de modernité, à inventer un système qui nous nous renverrait en fait 130 ans
en arrière ? Pour
être trivial, va-t-on voir revenir par la fenêtre les « mon sieur »
et les curés qu’on a sortis par la porte à coups de pompes dans le derrière
à la fin du 19ème et au début du 20 è ? Je
suis sûr que certains d’entre vous doivent penser que j’anticipe, que
j’extrapole, en un mot, que j’exagère. Je citerai 2 exemples pour appuyer
mon propos. En
France, 320 000 enseignants du premier degré, à ce jour 32 000 Emplois Vie
Scolaire (EVS). En Mayenne 250 EVS pour 2000 enseignants. Dans
l’Education Nationale, on a toujours besoin de se distinguer. Les Emplois
jeunes du gouvernement Jospin s’appelaient Aide-Educateurs dans l’Education
Nationale, les contrats d’insertion du Plan Borloo de 2005 s’appellent
Emplois Vie Scolaires chez nous. Histoire de brouiller les pistes. Histoire
d’embrouiller le chaland, qui n’y comprend rien et passe donc son chemin. Le
sujet vaut pourtant la peine qu’on s’y arrête quelques instants. Depuis
les stages Barre, on a vu passer pas mal de précaires dans l’Education
Nationale, mais, dans le premier degré, jusqu’aux emplois jeunes, ils étaient
quasiment inexistants et en tout
cas ne travaillaient pas dans les écoles. Les emplois jeunes ont opéré un
premier bouleversement : arrivée importante de jeunes en recherche
d’emplois dans les écoles pour occuper des tâches d’accompagnement,
parfois valorisantes et formatrices, parfois ingrates et occupationnelles.
Contrats précaires de 5 ans que nous avons dénoncés en leur temps mais que
nous serions presque à regretter aujourd’hui. En
2005, lorsqu’il a présenté la mise en place des EVS, Pierre Benaych,
inspecteur d’académie nous avait dit que, pour résumer, les EVS, c’était
les emplois-jeunes, en mieux. Je lui avais répondu que pour nous, c’était
les emplois-jeunes, en pire. Je n’ai pas été déçu ! Voyez
plutôt. Pour
faire simple, 2 contrats différents : le Contrat d’Accompagnement vers
l’Emploi (CAE) durée 12 mois renouvelable par périodes de 6 mois à
concurrence de 24 mois au total. 20h par semaine, payé aux alentours de 600€.
Pour mémoire, le moindre T2 à Laval coûte 250€ mensuels. Il ne faut pas
manger beaucoup. Et
puis le Contrat d’Avenir (CAv), durée 24 mois minimum mais l’Education
Nationale s’octroie le droit de faire des contrats de 12 mois, voire de 6
mois, le fait du prince ! renouvelables normalement 12 mois à l’issue
des 24 mois, soit 36 mois au total. 26h par semaine. Environ 800€ mensuels. On
peut mettre du beurre sur la tartine du dimanche. Ces
jeunes, mais pas seulement car il y a en fait tous les âges, et toutes les catégories
représentées, leur point commun étant la difficulté sociale et économique,
travaillent dans les écoles pour la grande majorité (à peine 10% dans le
secondaire) soit pour accompagner un élève en situation de handicap –je vais
y revenir- soit pour aider le directeur dans ses tâches administratives ou plus
globalement à la bonne marche de l’école. Déjà,
on note une première dérive en ce qui concerne l’accompagnement des élèves
handicapés. Cette mission est appelée Auxiliaire de Vie Scolaire (AVS) et la
quotité de temps d’AVS attribuée à un élève Handicapé
est prescrite depuis la loi du 11 février 2005, par la MDPH, entité sous la
responsabilité du Conseil Général et indépendante de l’Education
Nationale. Pour me faire bien comprendre, la MDPH prescrit, l’inspection académique
met le personnel à disposition. Et ce personnel devrait être des Assistants
d’Education, contrats de droit public d’1 an renouvelable 5 fois mais qui a
le gros inconvénient de coûter à l’Education Nationale quand les contrats
aidés du plan Borloo, CAE et Cav sont financés à 90 % par le ministère de
l’emploi, via les Conseil Généraux et la gestion des minimum sociaux. Il
est donc beaucoup plus intéressant pour l’IA de recruter des CAE ou des Cav
pour la tâche d’accompagnement des élèves handicapés, qu’importe le
contrat, le salaire et les conditions d’emploi et de renouvellement. Mais
ce n’est pas tout. Sous
prétexte que les EVS ont plus de congés qu’il ne leur est dû, les établissements
scolaires étant fermés pendant les périodes de vacances, on entend leur faire
récupérer ces heures perdues pour l’employeur en annualisant leur temps de
travail. Les CAE feront 26h payées 20 et les Cav 33h payées 26. Tout
pourrait aller pour le mieux dans le meilleur endroit du monde libéral si ce
satané Code du travail, ce véritable carcan comme le répète dans un cri
insupportable Me Parisot, ne venait contrarier tout ce bel agencement. En
effet, le Code du travail veille au grain et en particulier à l’usage abusif
de CDD et de temps partiel. Les
périodes de congés au-delà des périodes de congés payés sont des périodes
de fermeture de l’établissement de la responsabilité de l’employeur. Elles
ne peuvent donc en aucun cas être reprochées au salarié et donc pas être récupérées.
C’est
donc indûment qu’on a fait travailler 26 ou 33 heures les EVS. Et
il est clairement écrit qu’en cas de dépassement abusif (plus de 10%) du
temps prévu au contrat de travail pendant un certain temps (plus de 12 semaines
consécutives), le contrat de travail doit être requalifié, c’est à dire rédigé
à nouveau sur la base de l’horaire réellement effectué, avec paiement des
heures effectuées. C’est
ce que nous disons depuis novembre à l’inspecteur d’académie qui, sans être
l’employeur, puisque seuls les chefs d’établissements peuvent être
employeurs, dirige, ou au moins prétend diriger les opérations. L’inspecteur
d’académie refuse de nous entendre, voire nous oppose un sourire qui frise le
mépris, mais, se ravise en mars et revoit à la baisse l’horaire hebdomadaire
des EVS pour récupérer un trop-plein d’heures effectuées indûment. Bref,
il reconnaît implicitement que nous avions raison mais cherche à se sortir du
mauvais avec une pirouette alors que ce qui est à l’ordre du jour, c’est le
paiement des dépassements… Pour
votre information, les Prud’hommes viennent de nous donner raison sur ce
dossier dans le 93 et certains EVS vont toucher plus de 4000€. Nous
attendons la réaction de notre département. Et nous ne doutons pas que
l’inspecteur d’académie ait à cœur de régler un problème dont il est le
responsable essentiel avant de quitter notre département et de ne pas laisser
à son successeur une telle pétaudière ! Et
bien, ces collègues précaires, recrutés à la tête, renouvelés, ou pas,
selon l’humeur et des disponibilités budgétaires, taillables, corvéables et
jetables, voilà ce qu’il faut à ce gouvernement, y compris à terme pour les
postes d’enseignants ! Mes
amis, en Belgique, lorsqu’une classe est fermée dans une école,
l’enseignant victime de la fermeture va s’inscrire au chômage ! L’objectif
de ce gouvernement, c’est, à terme, de transférer aux collectivités locales
la plupart des tâches qu’il assumait jusque là. Il
a commencé à le faire avec les personnels ouvriers des collèges. Il
a commencé à le faire, avec les maternelles, en abaissant de façon drastique,
les capacités d’accueil et en renvoyant sur les collectivités locales la
responsabilité de l’accueil des tout-petits. Je trouve d’ailleurs singulier
d’entendre ici le représentant de l’Etat reprocher à l’école maternelle
les taux élevés d’encadrement que le ministère impose aux écoles
publiques, pour justifier son désengagement ! L’autre
élément que je voulais porter à votre connaissance, c’est la mise en place
d’une Agence Nationale pour le Remplacement dans l’Education nationale. Il
s’agit d’ouvrir la porte au recrutement de personnels précaires (retraités,
étudiants…) pour effectuer le remplacements des enseignants absents. Il ne
s’agit pour l’instant que d’un projet
mais je n’ai pas besoin d’insister longtemps pour que chacun comprenne les
économies colossales que ce système pourrait générer s’il était généralisé.
Il y a plus de 23 000 enseignants remplaçants pour les écoles. Leurs
substituer des personnels précaires permettrait d’économiser autant de
postes, et ce quelles que soient la formation
et la qualité des personnels recrutés ! Vous
voyez à travers ces 2 exemples comment on est en train de détricoter ce que
nous prédécesseurs ont mis des années à construire. Attaques contre l’ école
communale, attaques contre la laïcité, remise en cause des statuts, des
traitements, du recrutement des enseignants, autant de dangers qui ne menacent
pas que les personnels, mais l’ensemble de notre école publique. J’aurais
pu évoquer le vol de 2 heures d’enseignement hebdomadaire aux enfants, et en
particulier aux plus défavorisés d’entre eux, à compter de la prochaine
rentrée. Depuis 1970, la scolarité élémentaire a perdu exactement 1 année.
Ce qui se faisait en 5 ans en 1970, se fera à partir de septembre prochain en 4
années compte-tenu de la baisse progressive de l’horaire hebdomadaire. A
l’heure où on note un nombre important d’élèves en difficulté, à
l’heure où le fossé culturel se creuse entre les classes sociales les plus démunies
et le reste de la population, cela ne doit-il pas nous interroger ? Je
dirai pour conclure, en vous remerciant de votre attention et en vous priant de
m’excuser d’avoir sans doute été trop long, que non seulement la bataille
pour la défense et la promotion de l’école publique et laïque n’est pas
dernière nous mais que nous avons tout intérêt à nous atteler à la tâche. Rien
n’est jamais acquis. Et les jeunes générations qui croient parfois que les
acquis n’ont pas besoin d’être défendus, puisque, justement, ils sont
acquis, pourraient avoir un réveil douloureux si nous n’attirons pas leur
attention sur ce qui se passe. M.
Kessler, dirigeant du MEDEF l’a dit sans artifice : « notre
programme ? prenez ce qui a été fait entre après la libération et détricotez ». Sécu,
retraites, conventions collectives, droit du travail, … en effet, tout un
programme. Et
avec un défenseur de la Laïcité de l’école et de l’Etat comme Monsieur
Sarkozy, je suis au regret de vous dire, mesdames, messieurs, chers amis, que
non seulement notre tâche n’est pas terminée, mais que nous avons encore
d’ardentes batailles devant nous ! Je
vous remercie. |