Le Ministère a publié une nouvelle circulaire
C. 2009-087 du 17 juillet 2009 concernant les CLIS dont l’objectif est la mise
en conformité avec la loi du 11 février 2005 sur le handicap qui « pose
comme principe la priorité donnée à une scolarisation en milieu dit « ordinaire ».
Si la notion de classe est maintenue « la CLIS est une
classe à part entière de l’école dans laquelle elle est
implantée », tous les dangers ne sont pas pour autant écartés.
La notion « d’inclusion » contre l’enseignement spécialisé
adapté
La notion « d’inclusion scolaire » induit le fait que
l’élève handicapé est scolarisé d’office, et donc
sans aucune condition, dans une classe
ordinaire.
Partant de ce principe, le ministre tente de mettre un terme définitif au droit
à la scolarisation des élèves handicapés dans une structure de
l’enseignement spécialisé quand cela s’avère nécessaire.
Ainsi la nouvelle circulaire précise « chaque
classe de chaque école a donc vocation à scolariser un ou des élèves
handicapés », puis ajoute « tous les
enseignants de l’école, dans la mesure où chacun d’entre eux peut être
amené à scolariser partiellement dans sa propre classe un ou des élèves de
la CLIS pour une durée, selon des modalités et des objectifs qui peuvent
varier sensiblement d’un élève à l’autre ».
Les enseignants devraient donc se transformer en maîtres A, B, C, D, et E et G
(avec la fermeture des
3 000 postes de RASED) au mépris de leurs garanties statutaires et de l’intérêt
des élèves en situation de handicap qui ont besoin d’un enseignement spécialisé
adapté à la nature et au degré de leur handicap.
« Le médecin de l’éducation
nationale, le psychologue scolaire et, le cas échéant, les enseignants spécialisés
affectés dans l’école ou du RASED, apportent
leur expertise et leur aide pour la réussite de la
scolarisation des élèves handicaps qu’elle accueille ». Le risque
est grand, dans un contexte de suppression massive de postes au nom de la RGPP,
que les enseignants spécialisés se voient transformés en « experts »
auprès des enseignants de classes « banales » qui devront adapter
leur pédagogie en fonction du handicap des élèves qu’ils accueillent.
La scolarisation en CLIS
comme ultime solution
Dans le cas où cette scolarisation serait-ou deviendrait- impossible, la
circulaire précise que la MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapées)
peut être amenée à proposer une orientation vers une CLIS « pour
faciliter la mise en œuvre du Projet Personnalisé de Scolarisation (PPS) ».
La circulaire doit reconnaître l’existence,
en tant que telle, de la CLIS dans laquelle « tous les élèves
reçoivent un enseignement adapté de la part de l’enseignant de la CLIS, même
si la mise en oeuvre du PPS conduit ces élèves à fréquenter, autant que
possible une classe ordinaire ».
Quand on connaît la situation des MDPH dont
l’existence est menacée par de graves incertitudes financières (LE
MONDE du 26 août 2009). (1), il est fort à parier que celles-ci
risquent , à court terme, d’être dans l’incapacité de traiter tous les
dossiers et de répondre aux demandes urgentes des écoles et des familles.
Le Ministère prépare les écoles à des situations explosives ou à des
conflits généralisés entre les personnels, et entre les personnels et les
parents, dus aux manques de moyens en structures spécialisées, en personnels
et en matériel adaptés…
Le SNUDI-FO invite les personnels à signaler les élèves en situation de
handicap et à exiger, avec le syndicat, qu’ils puissent bénéficier d’un
enseignement adapté dispensé par un enseignant spécialisé, dans une classe
ou une structure spécialisée ou de l’accompagnement d’un AVS autant que de
besoin.
Le SNUDI-FO revendique :
que
les CLIS demeurent des classes adaptées à la nature et au degré du handicap
des élèves et non des classes pour l’inclusion ;
des
départs en stage CAPA-SH dans les options A, B, C, D correspondant aux besoins
Il invite les collègues à signaler aux sections départementales du SNUDI-FO,
toutes les situations qui exigent des réponses concrètes en terme de moyens ou
de personnels.
Pour le SNUDI-FO, la nouvelle circulaire sur les CLIS doit être abrogée et
tous les moyens mis en œuvre pour que les droits des élèves à une
scolarisation adaptée au degré et à la nature du handicap soient respectés
et que les droits des personnels soient garantis.
18.09.09
(1) En
juin, les MDPH du Finistère, de la Seine-et-Marne et de Paris ont juridiquement
acté les dettes que l’Etat a contractées envers elles. Celle des Ardennes
l’a assigné au tribunal administratif. “Jamais les maisons n’ont été
aussi en danger”, écrit Véronique Dubarry, présidente de la MDPH de
Paris.